Contraction des mots faux et blogue, un flog est littéralement un faux blogue. Présenté comme un blogue de citoyen ordinaire, celui-ci est en fait géré par en entreprise l'utilisant afin de vanter son produit ou le service qu'il offre.
Et ce n'est pas la seule tactique utilisée par les entreprises pour faire mousser leurs ventes grâces aux réseaux sociaux. En allant du faux ami Facebook à la critique anonyme sur Twitter, certaines entreprises ne lésinent pas sur les moyens pour créer un engouement autour de leur marque ou lâchement descendre un conçurent.
Cette semaine, vous aurez donc compris que mon flop est décerné aux entreprises usant de ces tactiques peu éthiques.
Vous souvenez-vous de la tollé qu'avait provoqué Stationnement Montréal en créant ce type de blogue il y a quelques années? En 2008, un blogue nommé «À vélo citoyens» avait fait son apparition sur la blogosphère. Regroupant trois amis passionnés de vélo, le blogue avait apparemment pour but de promouvoir le vélo comme moyen de transport dans la métropole.
En juillet 2008, les trois blogueurs annoncent en grande primeur avoir une photo du prototype du Bixi, qui n'avait pas encore été dévoilé. Stationnement Montréal, qui gère Bixi, confirme la nouvelle quelques jours plus tard. Super!
Mais oups, quelque temps plus tard, on se rend compte que le blogue a été créé de toute pièce par l'agence Morow Communications, pour son client de l'époque, Stationnement Montréal.
Ça s'appel être pris la main dans le sac. Patrick Lagacé y avait d'ailleurs consacré l'une de ses chroniques, intitulée de façon plutôt éloquente: Bixi, blogue et bullshit. Outch.
Mais pour une organisation qui se fait pincer, combien s'en sortent indemme? Beaucoup. Il faut avouer qu'il peut parfois être très difficile de départager le vrai du faux.
C'est pourquoi l'OBNL Option consommateur, qui vise à promouvoir et à défendre les intérêts des consommateurs, s'est penché sur la question et a déposé hier un rapport de recherche sur la fréquence, l’éthique et la légalité de ce genre de pratiques.
En plus de confirmer le fait que les consommateurs avaient peu de chance de savoir s'ils avaient été victime de ce type de publicité frauduleuse, les chercheurs ont aussi découvert ceci:
« [...] malgré le fait que le faux blogue et l’astroturfing (le fait d'utiliser une fausse identité pour mousser un produit) peuvent être considérés comme de la publicité fausse ou trompeuse, au moment où Option consommateurs terminait sa recherche, aucune entreprise au Canada n’avait encore été poursuivie pour ce genre de pratique. »
Pourtant, une publicité, quelle soit sur papier, à la radio, à la télé ou sur le web, reste une publicité et doit donc se soumettre aux lois en vigueur. Un publi reportage présenté dans un magazine, par exemple, doit toujours afficher l'entreprise à l'origine de cette publication. Pourquoi serait-ce différent lorsqu'il s'agit d'un blogue géré par une organisation?
Bref, un autre exemple où le web arrive à échapper aux lois en vigueur.
Pour le moment, la seule façon de démasquer ce genre de publicité cachée est d'attendre qu'un journaliste ou un citoyen consciencieux découvre le pot aux roses. Option consommateur rappel que la loi canadienne anti-pourriel, adoptée mais pas encore en vigueur, permettrait de contrer ce problème.
En attendant, l'organisme recommande d'être vigilant en variant ces sources d'information.
À suivre!
C'est vraiment triste si cette pratique devient aussi utilisée et peu réprimée!!!
RépondreSupprimerEncore une fois, le consommateur doit être vigilant et a peu de ressources à sa disposition. Heureusement, certaines personnes veillent au grain. Il me semble que les compagnies auraient tellement plus à gagner en s’affichant qu’en jouant la comédie.
Oui, tu as tout a fait raison, les entreprises auraient avantage à afficher leurs vraies couleurs. Et les médias sociaux sont tellement une belle opportunité à saisir afin de se montrer plus transparent et d'engager ses publics.
SupprimerMais avec toute la latitude que le 2.0 laisse, on dirait que c'est tout ou rien. Soit les entreprises s'en servent pour s'ouvrir à la clientèle ou, au contraire, s'en servent pour leurrer les consommateurs.
Heureusement, on sent un "code d'éthique" non formel se dessiner peu à peu chez les gestionnaires médias sociaux, c'est une question de plus en plus discutée. Il faut dire que la technologie est tout de même très récente, j'ai bon espoir qu'avec le temps les meilleures pratiques seront formulées de façon plus formelle.